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La chaleur impossible à compenser menace aussi l'Inde pendant la mousson

Une étude prévoit qu'avec 2°C de réchauffement, le stress thermique non compensable pourrait toucher 60% de l'Inde en été et 53% pendant la mousson. L'humidité limite le refroidissement par la sueur et impose d'adapter alertes, travail, santé et énergie.

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L'Inde pourrait connaître une expansion rapide du stress thermique non compensable en été et, de plus en plus, pendant la mousson. Une étude publiée dans AGU Advances définit cette situation comme le moment où chaleur et humidité dépassent la capacité du corps à maintenir son équilibre par la transpiration et d'autres mécanismes. Si l'exposition continue, la température centrale augmente même au repos et avec une bonne hydratation.

L'analyse associe un seuil physiologique obtenu en laboratoire aux données météorologiques ERA5 de 1979 à 2021. Jusqu'à 40°C de température de l'air, le seuil critique de bulbe humide utilisé est d'environ 30,58°C; au-delà, le niveau d'humidité tolérable diminue linéairement. Cette relation double évite une frontière universelle unique et reconnaît qu'une chaleur très sèche peut aussi empêcher l'évacuation de chaleur corporelle.

Dans les observations historiques, le phénomène a touché environ 9% de l'Inde: près de 8% en été et 1% pendant la mousson, avec un à quinze jours cumulés dans les zones exposées. L'emprise est passée de moins de 0,01 million de kilomètres carrés dans les années 1980 à environ 0,04 million en 2020. L'été domine encore, mais le risque humide de mousson progresse vite.

Avec 2°C de réchauffement mondial au-dessus du niveau préindustriel, les modèles projettent une exposition sur près de 60% du territoire en été et 53% pendant la mousson. Selon le niveau de réchauffement, 800 millions à 1,2 milliard de personnes pourraient être exposées. Dans un scénario de 4°C, le stress non compensable de mousson dépasserait l'été en gravité et en fréquence.

Les épisodes estivaux présentent un lien plus net avec la mortalité déclarée que ceux de mousson, mais les bases sanitaires indiennes divergent et n'enregistrent pas toute la charge. Les seuils proviennent aussi d'adultes jeunes, sains et hydratés étudiés aux États-Unis. Travailleurs extérieurs, personnes âgées, femmes enceintes, enfants et malades chroniques peuvent être atteints plus tôt; l'acclimatation locale ajoute une variation non résolue.

La vulnérabilité dépend du logement, du travail et de l'énergie. Environ 68% des habitants vivent en zone rurale, où refroidissement et secours sont souvent limités; en ville, l'îlot de chaleur aggrave les nuits. La climatisation sauve des vies, mais la pointe de demande peut provoquer des coupures et l'électricité fossile accroît les émissions. Ombre, ventilation, eau, pauses payées et centres frais réduisent le risque sans technologie unique.

Les plans chaleur doivent intégrer humidité et limites physiologiques, pas seulement la température maximale, et couvrir la mousson. Alertes locales, règles obligatoires de repos, hydratation, surveillance sanitaire, électricité fiable, toits frais, arbres et accès rural sont des mesures immédiates. À long terme, la baisse des émissions déterminera combien de personnes franchiront un seuil que l'adaptation ne peut rendre durablement sûr.