Singapour a adopté en urgence une refonte de sa loi sur la brume transfrontalière après le pire épisode depuis 2015. Elle élargit l'enquête sur les entreprises, trace leurs liens et permet d'agir avant l'arrivée de fumée, tout en reconnaissant les limites du droit national à l'étranger.
Une entreprise condamnée risque désormais un million de dollars singapouriens par jour et 20 millions au total, contre 100 000 et deux millions. Les tribunaux pourront confisquer le gain; une voie civile prévoit jusqu'à dix millions sans double sanction pour la même affaire.
La NEA pourra obliger des entités liées à la brume à engager à leurs frais des évaluateurs privés agréés. Ceux-ci examineront opérations, propriété, chaînes et financement. L'ordre sert à établir les faits et ne prouve pas une infraction; les tribunaux tranchent la responsabilité.
L'État pourra désigner des entités et interdire à des tiers de leur fournir biens, services ou crédit. Une violation peut coûter un million par acte puis 100 000 par jour. Dix sociétés enregistrées à Singapour ont déjà reçu des demandes d'information sur la brume de 2026.
Le texte autorise arrestations à Singapour, notification électronique, jugement en absence sous garanties et action préventive face à un risque crédible. Distance, durée, étendue, vents et météo limiteront l'enquête aux feux pouvant affecter le pays.
Une société ne pourra plus seulement dire qu'un tiers a allumé le feu à son insu; elle devra prouver des mesures raisonnables. Mais une désignation ou un rapport négatif ne doit pas devenir condamnation automatique: preuve transparente, réponse et contrôle judiciaire restent essentiels.
Grace Fu a prévenu que ces outils ne garantissent pas les poursuites. La preuve étrangère dépend de l'accès et de la coopération. Une équipe Singapour-Indonésie et l'action de l'ASEAN en 2027 seront indispensables; le succès sera la prévention et la baisse d'exposition, pas seulement l'amende potentielle.