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Le Chubut décrète une urgence hydrique d'un an pour accélérer les travaux face à la baisse des débits

La législature provinciale a approuvé une loi autorisant l'Institut provincial de l'eau et le secrétariat aux Infrastructures à agir en urgence et à recourir à des contrats directs. La mesure vise à protéger l'approvisionnement, mais relance le débat sur les contrôles, les données actualisées et la planification.

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La législature du Chubut a déclaré l'urgence hydrique pour une durée d'un an et a donné à l'exécutif provincial un instrument exceptionnel face à un problème qui n'est plus traité comme une pénurie ponctuelle : la baisse des débits dans les bassins provinciaux et la pression croissante sur l'approvisionnement en eau potable. La loi a été approuvée à Rawson lors de la séance ordinaire du jeudi 6 août, avec 17 votes favorables, et présentée comme une réponse institutionnelle destinée à accélérer les décisions dans un territoire où l'eau conditionne les villes, les producteurs, les systèmes ruraux et les infrastructures de base.

Le texte autorise l'Institut provincial de l'eau et le secrétariat aux Infrastructures, à l'Énergie et à la Planification à mener toutes les actions urgentes et immédiates nécessaires pour affronter l'urgence. Sur le plan opérationnel, son point central est l'autorisation de recourir à des contrats directs pour les services et travaux indispensables, afin de réduire les délais administratifs lorsque la sécurité de l'approvisionnement ou la disponibilité de la ressource exige une intervention rapide. L'urgence devient ainsi un outil de gestion publique, et non une simple déclaration environnementale.

Le raisonnement stratégique du gouvernement est que le Chubut doit disposer d'une capacité d'exécution avant que la dégradation des débits ne se transforme en restrictions plus sévères, en ruptures d'approvisionnement ou en conflits entre usages urbains, productifs et environnementaux. Dans cette province, la gouvernance de l'eau est inséparable de la géographie patagonienne : grandes distances, systèmes de captage vulnérables, localités dépendantes des rivières et des lacs, et structure productive ayant besoin de prévisibilité pour soutenir l'agriculture, les services et la demande résidentielle.

Le débat parlementaire a toutefois montré l'autre face des pouvoirs d'urgence : la concentration des attributions. L'opposition a contesté la possibilité de contrats directs sans dispositif de contrôle suffisamment solide et a souligné qu'une partie des informations utilisées provenait de données de 2024. La députée Norma Arbilla, du bloc Arriba Chubut, a rejeté le projet en évoquant des incohérences, tandis que Tatiana Goic, de Primero Chubut-CET, s'est abstenue faute d'informations suffisantes tout en reconnaissant la gravité du problème hydrique.

Le risque institutionnel est réel. Une urgence hydrique peut débloquer des travaux essentiels, des achats d'équipements, des réparations de captages ou des interventions sur des aqueducs, mais elle peut aussi créer des zones opaques si les priorités, les budgets, les adjudicataires, les délais et les critères techniques ne sont pas rendus publics. La tension ne se situe pas entre agir et ne rien faire, mais entre accélérer et préserver la traçabilité. Une politique environnementale mature exige que l'urgence coexiste avec des données publiques, des rapports périodiques et des mécanismes de reddition de comptes.

La prochaine étape sera administrative et budgétaire. L'exécutif provincial devra transformer la loi en décrets, dossiers, travaux concrets et décisions de passation de marchés justifiées par l'urgence. L'Institut provincial de l'eau devra hiérarchiser les priorités selon la criticité des bassins, l'approvisionnement urbain, l'impact productif et l'état des infrastructures. Les prochains mouvements réels seront la publication des premiers projets, l'identification des zones critiques et la manière dont la législature contrôlera l'usage de ces pouvoirs exceptionnels pendant les douze mois de validité de la loi.

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