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Une plainte sur les écailles de pangolin teste la réparation écologique en Indonésie

Une ONG demande à quatre personnes et trois entreprises de financer restauration, suivi et éducation après la saisie de 3 053 kilos d'écailles. L'affaire civile est en médiation et aucune responsabilité n'est établie.

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En février 2026, les douanes de Tanjung Priok à Jakarta ont ouvert un conteneur déclaré comme transportant concombres de mer et nouilles instantanées. Elles y ont trouvé 3 053 kilogrammes d'écailles sèches destinées au Cambodge, l'une des plus grandes saisies récentes. Des experts estiment qu'elles pourraient représenter plus de 8 500 pangolins, surtout des pangolins de la Sonde en danger critique.

SCENTS Foundation a déposé le 2 septembre une plainte civile devant le tribunal de Jakarta-Est contre sept défendeurs : quatre personnes aussi poursuivies pénalement et trois entreprises présumées liées au stockage, au dédouanement ou au transport. Ces liens restent à prouver ; l'utilisation d'un service dans une cargaison illégale n'établit pas automatiquement la responsabilité de l'entreprise.

La procédure vise ce qu'une peine pénale apporte rarement : réparer la nature. SCENTS demande environ 136 500 dollars pour restaurer 15 hectares de forêt, suivre les pangolins dans le parc Gunung Halimun Salak et mener une campagne. Le plan convertit la perte d'animaux, de diversité génétique et de fonctions du sol en mesures vérifiables.

La demande invoque l'article 1365 du Code civil et la loi environnementale 32 de 2009. L'action civile est indépendante du pénal et obéit à une charge de preuve différente ; une relaxe pénale n'exclut pas forcément la responsabilité civile. Elle ouvre la voie aux remèdes mais exige toujours un lien causal solide entre chaque défendeur et la réparation.

Aucun jugement n'a été rendu. Le tribunal a tenu des audiences administratives, convoqué les défendeurs sauf une personne recherchée, et fixé une médiation au 5 novembre. Sans accord, le procès commencera. La présence d'un juge certifié en environnement est une garantie procédurale, pas une prédiction ni une confirmation des accusations.

Les précédents imposent de la prudence. Un tiers de plus de 320 affaires civiles environnementales engagées par des particuliers et ONG ont été rejetées pour procédure, et une seule action collective sur 26 a abouti entre 2010 et 2022. Une entreprise d'huile de palme condamnée à restaurer des tourbières a même mis plus de dix ans à payer une première tranche.

Si elle est admise, l'approche pourrait étendre la responsabilité des manutentionnaires aux réseaux commerciaux facilitant le trafic, à condition que décisions, archives et flux financiers le prouvent. Même sans victoire, elle teste l'articulation entre sanction pénale et restauration civile. Sa légitimité dépendra du procès équitable et d'une conservation mesurable, non d'un paiement symbolique.