La justice de São Paulo a ordonné l'arrêt immédiat des rejets d'eaux usées non traitées dans les cours d'eau de Tietê. L'ordonnance du 10 août oblige la mairie et le Service municipal autonome d'eau et d'assainissement, Samae, à empêcher les rejets provenant des stations de traitement, de pompage et des autres éléments du réseau.
La décision répond à une action civile du parquet régional de l'environnement de Tietê/Sorocaba. Le dossier rassemble inspections, procès-verbaux, rapports techniques et expertise du centre d'appui du ministère public. La Cetesb et le régulateur Ares-PCJ avaient relevé des irrégularités récurrentes.
Les contrôles ont constaté eaux non traitées, effluents hors normes, débordements et défauts structurels dans les stations. Tietê affiche un taux élevé de collecte, mais le parquet qualifie l'efficacité réelle du traitement de pratiquement inexistante à cause des problèmes opérationnels. Collecter ne signifie donc pas dépolluer.
Les procureurs estiment qu'il ne s'agit ni d'un accident isolé ni d'une pollution venant d'un seul acteur privé, mais de défaillances persistantes de l'infrastructure publique. Il ne suffit donc pas de fermer un rejet: capacité, maintenance et conformité doivent être restaurées dans toute la chaîne.
L'ordonnance exige des mesures urgentes, surtout dans les stations Central, Bertola, Terra Nova et Bonanza, ainsi que dans les postes de pompage ayant débordé. Le premier test sera l'arrêt effectif des rejets pendant les travaux, sans simple déplacement de la pollution vers un autre secteur du bassin.
La municipalité et le Samae ont 60 jours pour soumettre un plan intégré de régularisation et de remise à niveau, avec travaux, maintenance, calendrier et conformité aux normes. La décision étant provisoire, la procédure continue; la mairie a déclaré qu'elle répondrait après actualisation de ses informations.
La justice impose aussi un suivi permanent en laboratoire des effluents et des eaux réceptrices. Les résultats devront être transmis au tribunal et publiés chaque mois au moins jusqu'au 3 août 2027. Cette transparence permettra de juger qualité de l'eau, continuité opérationnelle et conformité vérifiable, plutôt que les seules annonces.